Proposition de limites pour…

Numéro du REO

025-1257

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179140

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Proposition de limites pour le regroupement régional des offices de protection de la nature de l’Ontario (REO025-1257).
J’aimerais, à titre de membre de Boisés Est ( Association de propriétaires francophone de forêt de l’Est de l’Ontario ) possédant 200 membres et gérant collectivement environ 10 000 acres de forêts à l’extrémité Est de la province, vous partagez les commentaires suivants en ce qui concerne la Proposition de limites pour le regroupement régional des offices de protection de la nature de l’Ontario (REO025-1257).
La proposition a comme objectif de prendre « des mesures pour améliorer le système des offices de protection de la nature (OPN) pour libérer des ressources pour la prestation de services de première ligne pour contribuer à protéger les collectivités et de mieux harmoniser le travail des OPN avec les priorités provinciales. Cette proposition vise à recueillir des commentaires sur les limites et les critères pour un regroupement régional des 36 OPN. »
À la lecture de ce qui est présenté, l’objectif d’améliorer les services offerts par les Offices de protection de la nature (OPN) serait atteint en libérant des ressources. Malheureusement, très peu d’information est partagée en ce qui concerne les améliorations désirées autre que la mention de « coûts administratifs redondants, de libérer des ressources pour les activités de protection de première ligne ».
Il est concevable qu’avec les 36 offices de protection de la nature, étant autonomes et gérés par des conseils d’administrations locaux composés d’élus/es municipaux, associations locales, qu’il y ait une diversité d’approche et de gestion adaptée aux caractéristiques de leurs bassins versants. Leurs connaissances des particularités uniques locales pourraient, à notre avis, être très bénéfiques pour leurs gestions et mandats respectifs. Les 36 offices de conservations ont sans doute tous des caractéristiques uniques de leurs bassins versants. Une approche normalisée pour tous pourrait être plus ou moins utile et moins efficace.
Le bureau de conservation auquel les membres de notre association interagi depuis de nombreuses années dans l’est ontarien, la Conservation de la Nation Sud (CNS) a une longue histoire en matière de gestion du bassin versant. Elle a toujours fait preuve de leadership efficace dans l'application des pratiques de développement durable. Ce bureau cumulé des décennies d'expérience pratique dans la protection de notre environnement et l’engagement des collectivités d’ici. Cet engagement s’est fait par l’entremise de son conseil local et comité, en l’occurrence son comité consultatif auquel Boisés Est participe. Cette gestion participative auprès des élus municipaux, associations et résidents est normalement interprété comme étant une approche efficace pour discuter des enjeux et mise en œuvre des plans d’actions, mesurer et évaluer les résultats et proposer des ajustements / corrections au besoin. Les résultats obtenus par la CNS au fil des ans par l’entremise de leur rapport annuel ainsi qu’à leurs réunions révèlent une gestion saine, transparente et réceptive à recevoir les préoccupations des participantes et du public.
La proposition de regrouper 36 offices locaux en 7 offices régionaux serait, à notre avis une initiative qui éliminerait, à toute fin pratique, la participation des intervenants locaux au sein de leur conseil d’administration et comités.
La mission de la Conservation de la Nation sud est : d’ « assurer que la gestion des occurrences naturelles, des ressources naturelles et des activités humaines favorise la protection ou l'amélioration des ressources en eau. » . Cette responsabilité pour la gestion de l’eau, et en particulier l’eau potable, est un enjeu critique pour tous les citoyens. La majorité ( plus de 55%? ) des résidents en milieu ruraux du bassin versant de la rivière Nation sud obtiennent leur eau potable de leurs puits artésiens.
La période de sécheresse de l’été 2025, combiné avec des températures anormalement très élevées, de longue période sans précipitations, des niveaux d’eau dans les rivières extrêmement bas, a causé un abaissement de la nappe phréatique à des niveaux très bas causant l’assèchement de nombreux puits auprès des résidents, et d’agriculteurs/trices. Cette situation a aussi soulevé des préoccupations de la part des services d’incendies.
L’expertise des employés de l’office de la CNS a été mis en évidence tout au long de cette canicule. Leurs connaissances historiques du bassin versants, leurs interprétations et analyses des données recueillies par ces spécialistes, leurs connaissances des intervenants municipaux, leurs actions rapides pour gérer les défis et les nombreuses communications auprès du public et des média locaux ont su informer avec précision les enjeux et recommandations offertes auprès des résidents locaux.
La régionalisation des offices de conservations en 7 nouveaux Conseils d’administrations régionaux est préoccupante. Dans le cas de la CNS, 5 offices seraient sous la tutelle d’un bureau régional représentant une immense superficie d’environ 4 fois plus grande que celle de la CNS, présentement de près de 5000 km 2. Le bureau régional sera-t-il aussi au fait de ce qui se passe sur cet immense territoire et agile pour la gestion efficace, tel qu’on la connaît à la CNS?
Plusieurs études sur la gestion efficace des bassins versants recommandent que la gestion devrait être au niveau du bassin versants. Une gestion régionale pourrait rendre la prise de décision moins rapide et moins efficace. ( “The watershed should be recognized as the viable unit for managing water.” Rapport soumis à Honorable Dennis O’Connor, Commissaire de l’enquête Walkerton. The importance of watershed management in protecting Ontario’s drinking water supplies. Executive summary, March 20, 2001. Conservation Ontario. Recommendation #2).
Finalement, il est important de mentionner que les communications offertes par l’office de Conservation de la Nation Sud sont offertes en anglais et en français. La population des francophones du bassin versant est majoritairement francophone et apprécie non seulement l’accès à des communications en français, mais aussi aux employés qui peuvent leurs offrir des services en français. Il serait important de maintenir cette offre du bureau régional pour maintenir une communication auprès des francophones et continuer à les encourager la participation du public dans les initiatives et travaux en lien avec les programmes en conservation de la nature.
En résumé, voici d’autres préoccupations importantes que nous aimerions formuler en lien avec votre proposition:
• Retirerait le pouvoir décisionnel local aux agences qui ont été créées, financées et gouvernées par les municipalités
• Risquerait de faire perdre l'expertise locale et le personnel de terrain qui comprend les conditions régionales
• Menacerait la science basée sur les bassins versants, qui est essentielle pour gérer les inondations, la sécheresse, l'érosion et la qualité de l'eau
• Réduirait de façon significative la représentation rurale, les grands centres urbains pouvant dominer la prise de décision
• Mettrait en péril les terres conservées données en les transférant sous le contrôle provincial lointain
• Propose d’aller de l'avant sans informations claires sur les coûts, sans plans de transition et sans preuve que la consolidation améliorerait les résultats
Les offices de protection de la nature ont pour mission de gérer les systèmes naturels en fonction des bassins versants et non des frontières politiques, car l'eau, les inondations, l'érosion et les impacts environnementaux suivent le cours des rivières et des paysages, et non les limites municipales.

Les communautés apprécient les offices de protection de la nature parce qu'ils sont locaux, fiables et réactifs, et parce qu'ils fournissent des services concrets qui protègent les personnes, les biens et l'environnement.
De plus,
• Les offices de protection de la nature fonctionnent mieux lorsque les décisions sont prises à proximité des terres et des personnes concernées.
• La connaissance locale des sols, du drainage, des risques d'inondation et de l'utilisation des terres est essentielle à un développement sûr et durable
• Les limites des bassins versants sont fondées sur des données scientifiques et non sur des considérations pratiques, et doivent être préservées
• Les offices de protection de la nature de l'est de l'Ontario effectuent des examens et délivrent des permis en temps opportun, ce qui favorise
le logement et les infrastructures
• Les communautés rurales ont besoin d'une représentation forte et ne devraient pas être marginalisées dans les grands systèmes régionaux
• Les terres de conservation ont été constituées grâce à des dons et à des partenariats communautaires et devraient rester sous gestion locale.
• Les citoyens attendent de leurs gouvernements qu'ils prennent au sérieux les priorités environnementales, ce qui implique notamment de les financer correctement. Au fil des ans, la proportion des revenus pour le bon fonctionnement des offices de conservations a diminué, de la part de la province, d’environ de 50% à moins de 4%. Ce sont maintenant les municipalités qui supportent financièrement environ 50% des couts d’opération des offices.
• Le financement provincial ne représente actuellement qu'environ 3 % des activités des offices de protection de la nature, ce qui ne constitue pas un partenariat équitable.
• Toute restructuration ou consolidation doit être entièrement financée par la province, afin que les impôts municipaux ne soient pas détournés des services locaux.
• Les communautés souhaitent que la province revienne à un partenariat de financement équitable avec les municipalités.
• La modernisation peut et doit se faire sans démanteler la gouvernance locale.
• Si des fusions sont envisagées, elles doivent être volontaires, d'une ampleur appropriée et entièrement financées.
• Les offices de protection de la nature s'engagent à travailler en collaboration avec les municipalités, les résidents, les agriculteurs et les communautés autochtones — et ce modèle coopératif devrait être renforcé, et non remplacé.
Finalement, Des bassins versants sains sont le fondement de communautés saines et d'économies locales fortes. Nous encourageons la province à ralentir, à écouter attentivement et à travailler en collaboration avec les municipalités, les communautés autochtones, les organisations agricoles, autres organisations d’intérêts et les résidents afin de renforcer, et non d'affaiblir, le système de conservation de l'Ontario, et à soutenir toute proposition de changement par un financement provincial approprié et durable.

Avec un engagement adéquat, ce moment peut devenir une occasion de façonner l'avenir de la conservation en Ontario de manière significative et durable.
Merci pour l’occasion de commenter sur cette proposition.

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